Cordillère de Huayhuash

Après avoir descendu près de 2000m jusqu'au fond de la vallée,

notre bus remonte jusqu'au pied de la cordillère, où un poste de péage est géré directement par les communautés locales (contrairement à la Cordillère blanche, où nous étions dans un parc national).

Nous partageons la route avec un convoi prioritaire local,


 et le bus nous dépose à notre premier camp, Matacancha (4200m), au dessus de la limite des arbres.

Le lendemain matin, nous montons avec notre caravane au milieu de montagnes calcaires,

 derrière lesquelles se cachent les géants de la chaîne,

et un sommet rougi par l'activité d'une mine de cuivre.

Premier col, le Punta Cacanan (4700m), dominé par un petit sommet qui fait penser au Macchu Picchu. Ce col nous fait passer du versant pacifique au versant amazonien des Andes.

Le profil de ce tour de la cordillère de Huayhuash est assez différent de celui de notre premier trek dans la Cordillère blanche: en gros, un col et  un changement de vallée, par jour, mais en restant au dessus de 4000m au plus près des sommets, alors que dans la Cordillère blanche, nous avons suivi deux longues et profondes vallées transversales en passant un seul col en 4 jours.

De l'autre côté du col, nous avons assez vite une bonne vue d'un des grands sommets de la chaîne, le Jirishanca (6094m),

ici avec Walter.

Sous nos pieds, deux plantes typiques des hauts plateaux andins: une marguerite géante (Werneria nubigena),

et le "coussin des Andes" (llareta, Azorella compacta), une sorte de sphaigne qui couvre parfois des surfaces importantes.

Nous passons près d'une paroi ornée de peintures rupestres, qui témoignent d'une occupation très ancienne de cette cordillère,

puis descendons vers le lac Mitucocha.

Quand nous arrivons à notre camp en contrebas du lac vers 13h, les nuages commencent à recouvrir les sommets.


Le lendemain matin, les nuages ont disparu.


 Lever de soleil sur le Jirishanca

En montant au col du jour, le col Carhuac (4650m), nous avons une belle vue, en nous retournant, de la chaîne calcaire franchie la veille (le col que nous avions traversé est le plus à gauche sur la photo)

De l'autre côté, nous découvrons le lac Carhuaccocha dominé par le point culminant de la cordillère, le Yerupaja (6634m).

Un des sentiers qui descend au lac est déjà occupé par une habitante des environs insensible au vertige.

Nous passons près de maisons traditionnelles à toit de chaume

Notre camp est également situé en surplomb du lac

Le lac est fréquenté par des oies andines


Le déversoir du lac est enjambé par une passerelle suspendue

Comme la veille, les nuages du soir sont remplacés par un ciel dégagé qui nous offre un beau lever de soleil

Les tentes ne sont pas encore démontées mais nos porteurs sont prêts!

De gauche à droite, le Yerupaja, le Yerupaja Chico et le Jirishanca se reflètent dans le lac

Nous quittons à regret le lac Carhuaccocha mais allons bientôt nous consoler avec d'autres lacs.

Le plus spectaculaire, le lac Ganrajanca, est alimenté par une cascade de glace.

La rencontre de l'eau et de la glace forme dans le lac un cercle étrange, apparemment permanent.

Le lac Siula est également alimenté par des glaciers, mais ceux-ci sont un peu plus loin qu'au lac précédent.

Entre deux lacs, la vallée elle-même est très photogénique

Nous y rencontrons une viscache, qui ressemble à un croisement de marmotte et de lapin mais est en fait un cousin du chinchilla

Le sentier commence à monter sérieusement vers le col

ce qui nous permet de voir plusieurs lacs en enfilade


Et nous voilà au sommet du jour, le col Siula (4800m)

De l'autre côté, nous découvrons, au delà du lac suivant, une calotte glaciaire qui n'appartient pas à la cordillère Huayhuash mais à sa voisine, la cordillère Raura,

puis notre nouveau camp, au lieu-dit Huayhuash, qui a donné son nom à la cordillère, à moins que ce ne soit l'inverse. "Huayhuash" signifie en quechua "la belette" , un animal apparemment courant ici mais que nous n'avons pas vu.

Le lendemain matin, nous nous réveillons sous la neige et, pour une fois, sans lever de soleil. Le chien, qui s'est joint à nous dès le premier jour de marche, nous suivra fidèlement tout au long du trek.

Nous montons sous la neige vers le col du jour, le Portachuelo de Huayhuash (4750m), qui va nous faitre repasser sur le versant pacifique.

Dès que le soleil perce, la neige fond très rapidement.

De l'autre côté du col, un grand lac apparaît.

 En surplomb du lac, ce plateau semble fréquenté par un autre troupeau de moutons.

En nous approchant, nous voyons que ce ne sont pas des moutons

mais des alpagas.

Et nous voici près du lac.

Nous passons sous le déversoir du lac, à côté d'une petite cascade,

et descendons vers le plateau où nous attend notre camp.

Une récompense nous attend tout près du camp, des sources chaudes à 36-38° selon les bassins!

La maison de la gardienne offre d'autres agréments

Pour le wifi, il vaut mieux rester près de la maison mais la bière peut faire quelques mètres...

Outre les sources chaudes, les alentours de ce camp comportent une autre curiosité, des coussins de petits cactus dits "pacu pacu" en fleurs

Le lendemain matin, le beau temps est revenu et nous montons vers notre col du jour en admirant les sommets voisins (à gauche, le Cuyoc, à droite le Puscanturpa).

Ce petit lac sous le sommet du Cuyoc annonce l'arrivée au col (5000m).

Nous y voilà!


De l'autre côté du col, des rochers délités surplombant un précipice invitent les plus courageux à se faire photographier. 

La descente au milieu de ces rochers évoque un tassili saharien.

Un sphinx nous surveille!

Le camp est établi dans une belle prairie en vue du massif que nous venons de traverser.

En nous promenant dans les environs, nous assistons à un combat de taurillons,

et comprenons pourquoi notre camp est surnommé "camp de l'éléphant".

Le soir, coucher de soleil sur la face ouest du Puscanturpa

Le lendemain matin, montée rude (mais dans la bonne humeur) vers le Paso San Antonio (5050m), le plus haut de notre circuit,

où nous attend une vue impressionnante.

Le lac turquoise, que nous dominons de 800m, et où nous allons descendre, est le lac Jurau. Le grand sommet d'où descendent l'éperon rocheux qui domine le lac et le glacier à droite de la photo est le Siula Grande (6360m), le deuxième plus haut sommet de la cordillère de Huayhuash. Le point culminant de la cordillère, le Yerupaja (6634m), est le sommet glaciaire en arrière et à gauche du Siula Grande. Nous avions vu les faces opposées de ces sommets quatre jours auparavant, depuis les lacs Carhuaccocha, Granrajanca et Siula.

Le sentier de descente est très bien tracé

et nous avons d'excellents guides, ce qui n'empêche pas de consulter la carte pour le plaisir...

Le sentier se dirige vers le glacier qui descend de la face sud du Siula Grande.

 Le glacier se termine par un lac laiteux,

qui alimente le grand lac turquoise.

Nous voici au bord du lac Jurau, accompagnés par notre fidèle compagnon.

Ce lac est très beau mais, pour la baignade, ne vaut pas les sources chaudes de l'avant-veille.

Nous le quittons en traversant son déversoir à gué,


et découvrons son petit voisin, d'une couleur très différente.

Nous contournons ensuite le Siula Grande et découvrons sa face ouest,

 puis un nouveau lac, le Sarapoccocha,

sous le front d'un impressionnant glacier.

Sans matériel d'alpinisme, ce lac est un cul de sac et pour terminer le tour de la cordillère, nous devons entamer une longue descente, d'abord jusqu'au camp du soir (les tentes bleues sont visibles à gauche de la photo)

en admirant au passage les cascades issues du lac,

puis, le lendemain jusqu'au confluent avec une vallée affluente, où les villageois de la communauté de Huayllapa ont installé un poste de péage.

Pas de photos de hautes montagnes lors de cette première journée sans col, mais les fleurs assurent l'intérim.

Le terrain rocailleux de cet étage intermédiaire est plutôt plus difficile pour notre caravane que les sentiers de haute montagne des jours précédents,

et le soir, après avoir remonté la vallée affluente, nous sommes contents de retrouver les sommets, même dans les nuages.

Deux cols au programme du lendemain, le col Tapush (4750m) et le col Yaucha (4800m). Il a neigé pendant la nuit et la neige tient pendant la traversée du premier col,


 mais pas du second.

Notre camp du soir est en vue (les tentes bleues sont en bas à gauche de la photo, près d'un méandre de la rivière). Nous allons y passer nos deux dernières nuits sous tente.

Le lendemain matin, nous faisons le tour des lacs des environs.

Le lac Jahuaccocha.

Le lac Rasac.

et le massif du Rasac, qui domine le lac mais n'est pas visible depuis ses rives.

Et enfin le lac Solteroccocha, le dernier lac de notre circuit.


Retour au camp

L'après-midi est consacré à la préparation de la "pachamanca", le repas traditionnel local cuit dans la terre, et au repas d'adieu avec notre équipe.

Préparation:

Sortie de la viande (mouton) et des légumes (pommes de terre, ocas, maïs blanc et noir, fèves) après trois quarts d'heure de cuisson à l'étouffée:

https://photos.google.com/search/_tv_Vid%C3%A9os/photo/AF1QipOcd6muZ8b9e1vuUBehjI5pbvOoAFlH9ypMyj3U

A table!

Il nous reste une belle demi-journée de marche, le lendemain matin, pour rejoindre le village de Llamac où nous attend le bus de retour.

Nous passons devant des chaumières traditionnelles,

puis traversons un bois de quenuales, le seul de ce tour de la cordillère de Huayhuash (nous en avions rencontré plusieurs dans la Cordillère blanche).


Un peu plus haut, les arbres sont remplacées par d'imposantes broméliacées.

Dernier col (punta Llamac, 4300m) et en nous retournant, dernier regard vers la cordillère de Huayhuash.

De l'autre côté du col, un plateau herbeux incliné nous cache le fond de la vallée de Llamac, notre objectif.

Plus bas, nous rencontrons des cactus qui apprécient ce versant bien exposé au nord.

Arrivés à Llamac, avant de prendre notre bus de retour, nous déjeunons dans une maison particulière dont le jardin tropical nous fait oublier que nous sommes encore à 3300m. Il y fait d'ailleurs plus chaud que dans le brouillard de Lima!






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